Mireille Jaume

Pontoise 95300Jaumemireille-portrait

http://cieloblique.blogspot.fr/, http://qui-va-la.blogspot.fr/,

m.jaume070@gmail.com

Présentation                                                                                      

Si je n’écris pas que des textes dramaturgiques, ma pratique de l’écriture est intimement liée à celle du théâtre et de la danse. Elle est également la plupart du temps, influencée par les arts plastiques.

Formée au théâtre corporel à l’école du mime Marceau, je continue d’explorer la pédagogie destinée aux personnes porteuses de handicap au sein de Zigzag, pôle des pratiques artistiques adaptées de la compagnie les Zigônez.

Depuis 2008, où j’ai rejoint les Mots Migrateurs, j’anime des ateliers dont un sur l’écriture théâtrale. Sont à venir trois ateliers d’écriture axés sur les arts plastiques.

Grâce au collectif, j’ai eu le bonheur de publier une nouvelle dans un des recueils des Mots Migrateurs et de travailler avec le poète Gérard  Noiret. Celui-ci m’a permis grâce au Théâtre 95, de réaliser une pièce radiophonique.

L’émulation inhérente à notre association, son caractère, le plus souvent engagé, me permettent chaque jour d’avancer et de me positionner sur ma pratique d’écriture.

Projet en cours

Je suis en train de terminer une pièce de théâtre qui met en scène une mère et son fils.

Ce dernier est agressé chaque nuit, par une mystérieuse créature. Il s’agit en fait, de l’épilepsie sévère dont il souffre. Entre terreur et lutte, le jeune Andy s’évade en faisant du trapèze.

Le titre provisoire ou peut-être définitif, est « Surprise ! », inspiré par l’étymologie du mot « épilepsie. »

Une lecture de cette pièce sera faite dans le cadre des Rencontres Zigzag autour des pratiques artistiques adaptées. Cela devrait avoir lieu le samedi 19 mai 2017 à l’Antarès, à Vauréal, mais la date et l’horaire, sont à confirmer.

Je travaille également, sur un double récit qui met en scène une chorégraphie et une chorégraphe confrontée aux affres de la maladie.

Bibliographie

Création de la pièce L’opéra des pas perdus, diffusée sur RGB 18 juin 2010.

Bribes, nouvelle parue dans le recueil  Les quatre éléments  chez Mots Migrateurs Editeur en 2010

Absurde ! nouvelle parue dans le recueil Prix Philippe Delerm  paru en 2008 aux éditions Valhermeil.

La grande débâcle, nouvelle parue dans le recueil  Prix Philippe Delerm  paru en 2005 aux éditions Valhermeil.

Gigi, petite drôle, nouvelle parue dans le recueil  Prix Philippe Delerm  paru en 2004 aux éditions Valhermeil.

Ypsine et la carte du tendre, texte pour le recueil d’illustrations de Silvio Cadelo paru en 2004 chez Bagheera.

Ecriture de dialogues pour les albums de BD de Silvio Cadelo et sous le pseudonyme de Bettina Sand :

Sulis et Demi-Lune paru en janvier 2003, 2004 chez Dargaud Editions.

Les enfants de Lutèce, paru en 1995 chez USA Editions

Les plaisirs de Saturnin paru sous le pseudonyme d’Emile Grey, chez Glénat en en 1994.

Le texte
Titre provisoire : Basses obstinées.

Un homme est assis en face, qui la regarde.

            On commence petit. Les mains seules se mettent à bouger. Elle est debout, raide dans ses habits, un bras le long du corps, immobile.

Sa main gauche a saisi sa lèvre inférieure qu’elle tortille. Les yeux sont posés dans le vague, dirigés plutôt vers le bas. Vers ses escarpins rouges. Elle porte une robe sombre et sobre. Le visage avec ce rien d’un garçon, n’est pas sans grâce. Sa main gauche qui s’active, passe de la lèvre inférieure au nez, qu’elle monte et descend. Les doigts pianotent ensuite sur l’œil, la tempe, passent sur les cheveux. A nouveau la lèvre inférieure, puis le nez, puis l’œil, la tempe, les cheveux. Et peut-être parce qu’elle s’aperçoit de la dissymétrie, le bras choit comme emporté par son poids, vient se poser le long du corps.  Et c’est la main droite qui se porte sur la bouche tandis qu’elle soupire.

La lèvre inférieure, le nez, l’œil, la tempe, les cheveux, la lèvre inférieure, le nez, l’œil, la tempe, les cheveux, la lèvre inférieure…
On l’appellera Erica.

            Un homme est assis en face, qui la regarde.

Assis du bout des fesses. Jambes fléchies, prêt à se lever. Ce qu’il fait. Comme dans un regret.

Et puis se rassoit.

La main furtivement s’est tendue vers la femme. Mais elle ne l’a pas vu, pas même du coin de l’œil. Si ses jambes prennent appuient fermement sur le sol, toujours prêtes à bondir, dans l’axe de la femme, seule présente avec lui dans la salle, son buste, lui, est mobile. Il pivote.  Cap sur la fontaine à eau qui glougloute derrière elle, cap vers les tentures vert bronze, vers les chaises design transparentes. Cap vers le buffet et sa pièce montée de crudités.

On l’appellera Silver.

          Puis soudain, derrière la porte, une rumeur, des bribes de voix. On ne comprend rien. Des sons roulent dans la bouche, des éclats vifs et rieurs.

Le buste de Silver effectue une rotation, aimanté par les bruits. Les talons se soulèvent, se reposent, se soulèvent, se reposent. Les mollets s’ébrouent et le voilà debout.

La porte s’ouvre. Un homme entre qui trace vers Silver, tend un bras vers ce dernier.  Silver lui tend la main, tout sourire. L’avant-bras de l’homme se plie et ses doigts vont creuser un sillon dans sa chevelure brune. Le geste est large – coquetterie –  Silver  reste une seconde, deux secondes, la main en l’air – se prendre une veste – Sa bouche se tord visiblement sur un côté. – Il faudra définir le côté – Alors il passe à son tour, sa main dans ses cheveux, très furtivement, puis celle-ci va se rencogner dans sa poche. Tant qu’à faire, mettre la deuxième main dans la deuxième poche. Symétrie.

Toujours debout. Petit balancé. La rotation prend à présent, tout le corps. Le regard balaie la pièce. Cette fois, la femme l’a vue. Ses yeux se détournent. Ils cherchent toujours le flou.

Silver se rassied.

L’homme qui vient d’entrer est au fond de la pièce. D’une main distraite, il caresse le velours vert bronze, de l’autre il tient un téléphone.

– Yes. Hum, yes. Ok, ok. Hum. Yes ! Ok, o-k.

Puis ses mains plongent dans les poches extérieures de son blazer, dans les poches intérieures. Il enlève son blazer, le cale sur une épaule, le laisse pendre devant lui – embarrassé – il le presse contre lui, tourne la tête. Erica est là qui ne dit rien, ne bouge pas. L’homme s’approche, lui pose sa veste sur l’épaule. Et disparaît. Par une porte au fond.

On l’appellera Tom.

            Regard gêné de Silver, fuite de celui d’Erica.

– Bla,bla,bla…

Une femme à la choucroute  fait son entrée portable à l’oreille.

Le corps de Silver s’est tendu comme un ressort. Silver et sa main.

Clac ! La porte du fond s’est ouverte. La main de la femme se tend vers Silver, le dépasse et va se lover dans celle de Tom qui a foncé vers elle.

La bouche de Silver se tord visiblement sur un côté – le même côté que tout à l’heure-il se rassoit.

Clac ! Un autre homme fait son entrée. Silver reste assis.

– Hey !

L’homme fixe Silver. Silver se retourne, regarde derrière lui, puis l’homme. L‘homme se dirige vers lui la main tendue. Silver va pour se lever, un demi sourire aux lèvres. La main de l’inconnu attrape la sienne et la tire vers lui – Lever en canard, déséquilibre, chute de la chaise design transparente – Silver veut la relever mais l’homme l’entraîne vers le fond, sa main toujours tenant la sienne.

– Ha ! Hum,hum, ha !

Embrassade, main captive. Silver dans un seul mouvement, tend le bras vers le haut, se fige, un doigt levé dans une posture d’arrêt sans équivoque. Puis dans un sourire, il désigne la porte du fond vers laquelle il s’échappe. L’homme reste une seconde immobile puis la tête tourne irrésistiblement vers Erica. Ses mains pianotent dans l’air, s’attaquent aux boutons de la veste qu’elles font tomber aussitôt.

Et pan ! sur l’épaule à Erica.

            Entrée du serveur, petit signe de tête à Erica qui répond distraitement. L’homme sort des bouteilles qu’il pose sur le buffet. Derrière la haie de céleris et de carottes.

Chère Valeria,

Autant te le dire, la mauvaise mine que tu m’as trouvée la dernière fois, ne s’est pas arrangée. Aussi, je me suis décidée à consulter ton fameux Laroche. Comme nous l’avions imaginé, il m’a envoyée vers un autre spécialiste, lequel m’a renvoyée vers un autre spécialiste. La ronde des toubibs, qu’est-ce que tu dis de ça, ça se danse ?

Oui, je sais, ce n’est sans doute rien. Et non, je ne suis pas inquiète, pas encore. Seule me tracasse la subvention qui se fait attendre. Je crains de ne pas être en forme quand elle tombera. Quoiqu’il en soit, mon hommage à Pina, est en bonne voie. Tu remercieras Cédric pour le livre magnifique qu’il m’a fait parvenir. Il donne un éclairage tellement nouveau sur elle. Ainsi, tu as eu la chance de le voir à son retour du Japon ! Dieu que ses conneries me manquent ! Les tiennes aussi, les nôtres.

J’ai pensé à Verreine pour la distribution, Caro, Alexandre et Sandra. Demande à l’occasion à Verreine qu’elle me confirme ses disponibilités après votre tournée. Si tout va bien, on devrait être raccords.

Ciao bella, je t’embrasse fort.

Louma

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